Nature d'Afrique avec Angie Tchoumba

 Angie et l'AS Villeurbanne


 

-Angie, avant que l'on retrace ton été assez exceptionnel et ton retour à l'ASV, peux tu te présenter et nous dire comment es-tu arrivée à Villeurbanne il y a deux saisons maintenant ?

Je suis arrivée à Villeurbanne il y a 3 ans déjà, je sortais d’une saison très difficile à Mondeville où j’ai effleuré le monde professionnel et l’Eurocup avec très peu de temps de jeu voir inexistant. Juste avant j’avais réalisé une saison plutôt intéressante pour une première année en Ligue 2 à Rennes avec qui nous étions montés l’année d’avant.  

-De retour début Octobre avec l'équipe 1, tu as manqué le début de saison tant sur le plan physique que sur le plan humain avec l'équipe, comment s'est déroulée ta rencontre avec ta nouvelle équipe ?

La rencontre avec l’équipe s’est faite plutôt rapidement et naturellement, je ne suis pas quelqu’un qui a des difficultés à s’intégrer dans un groupe. Et puis baskettement parlant j’ai très vite intégré les formes de jeu. C’est plus facile de rentrer dans un groupe que l’on connait à 60% et avec un staff inchangé.

-Quelles ont été tes premières impressions des nouvelles recrues et du potentiel de l'équipe ?

Je connaissais les nouvelles recrues avant d’arriver, Virginie (Kevorkian) est une meneuse avec qui j’avais envie de jouer et était tout à fait le profil de meneuse qu’il manquait à cette équipe. Puis les autres joueuses sont venues compléter des secteurs dans lesquels nous étions en difficulté, même au niveau des rotations. Je suis vraiment ravie de ce recrutement, cette équipe est vraiment complète et homogène et on sait qu’on peut compter sur tout le monde à tous les postes de jeu.

 

  -Le championnat a débuté de belle manière avec une seule défaite pour 8 matchs joués. Les playoffs sont encore loin mais l'on sent une réelle opportunité pour y parvenir cette saison ...

Oui une seule défaite qui me reste encore en travers de la gorge d’ailleurs ! C’est vrai qu’on a tout cette année pour y arriver, on a une belle équipe, on y travaille, mais comme dit Nicolas : «  notre adversaire le plus dangereux c’est nous même parce que sur le papier on a clairement notre place dans le top 3 ». Maintenant il faut que tous les samedis on aligne une prestation à la hauteur de notre objectif. La route est très longue, il ne faudra pas seulement être bonnes sur le plan basket, mais aussi être très solides mentalement, c’est souvent ce qui fait la différence sur un match.

 

-A titre personnel, tu es devenue un véritable leader offensif et est souvent attendue par les équipes adverses. Ton objectif cette saison est de confirmer dans la régularité ?

Oui bien sur, il est vrai que je suis plutôt efficace depuis que je suis rentrée ! J’espère vraiment que ça va continuer mais que surtout ça serve à atteindre notre objectif. Je suis contente d’être enfin en réussite parce que ça n’a pas été le cas pendant ces deux derniers mois. Pourtant j’ai travaillé dur (durant sa sélection camerounaise) mais je suis vraiment contente d’être rentrée, d’avoir retrouvée mon équipe et mon petit confort villeurbannais ! Ce qui je pense contribue pas mal à cette réussite.


 

Angie Tchoumba, Franco-camerounaise, est une valeur sure de l'AS Villeurbanne

 

 La sélection Camerounaise

 

-Tu possèdes la double nationalité Franco-Camerounaise et l'été dernier, tu as été appelée par le sélectionneur du Cameroun. Comment cela s'est il passé pour que tu réalises tes premiers pas avec le maillot rouge vert jaune ?

Effectivement l’année dernière était la première fois que j’étais appelée pour les qualifications à l’Afrobasket 2011 (auxquelles nous avons participé cet été). Mon coach cherchait des joueuses d’origine camerounaise évoluant en Europe et mon père (ancien international camerounais au volleyball et meilleur joueur africain) lui a parlé de moi. C’est comme ça que je suis entrée en contact avec cette équipe. 

-Quels sentiments te traversent quand tu portes le maillot de ton pays ? (tu dois te souvenir de ton premier match officiel ...)

Pfffouuu comment l’expliquer ? Il n’y a pas vraiment de mots, on se dit qu’on ne joue pas pour une équipe mais pour  un pays. On ne peut pas décevoir, on ne peut pas faire de faux pas, c’est bizarre il y a une certaine pression. J’ai eu la chance de disputer mon premier match sous les couleurs du Cameroun au Cameroun contre la République Démocratique Congo lors des qualifications à l’Afrobasket. C’est d’autant plus magique quand on joue à domicile. Nous avions gagné ce match de 15 points d’ailleurs.  

-Cet été, tu as rejoins de nouveau la sélection pour deux objectifs : la CAN et les Jeux Africains . Peux-tu nous présenter ces deux compétitions ?

Oui alors la CAN mais qui ne s’appelle plus comme ça mais plutôt AFROBASKET est donc la même chose que l’EUROBASKET pour l’Afrique. Il s’agit du championnat d’Afrique qui a eu lieu au Mali. Cette année 12 équipes y ont participé.

Les JEUX AFRICAINS c’est en fait les Jeux Olympiques africains où toutes les disciplines sportives de chaque pays africains se retrouvent dans une ville pour une compétition qui a lieu tous les 4 ans. Cette année c’était à Maputo au Mozambique. Nous étions près de 25 000 athlètes logés tous au même endroit dans le village olympique qui ressemblait à un genre de grand campus universitaire.  

-En terme de niveau de jeu, comment se situe le Cameroun chez les féminines vis à vis des autres équipes ? D'autres joueuses du championnat de France ont rejoint leurs selections, certaines font -elles aussi la différence ?

Au niveau africain le Cameroun se situe dans le Top 7. Cette année nous étions 3 de l’équipe à évoluer en France, 2 en NF1 (Clémentine Elong Epée à Macon et moi) et une en L2 (Amina Njonkou à Strasbourg), 4 joueuses d’universités américaines et le reste de l’équipe étaient des joueuses locales. Les autres joueuses du championnat de France qui faisaient vraiment la différence dans les compétions sont des joueuses de LFB  

-Avec un long mois de préparation en amont, tu avais hâte de commencer les compétitions. Si tu le veux bien, parle-nous de ton aventure grandeur nature ...

La préparation à été courte, (1 mois) mais très longue mentalement, moralement, de part les conditions de vie et le stage en lui-même avec des entrainements nombreux et très longs. Nous étions en stage fermé dans un hôtel loin de la ville où il faisait très froid, sans eau chaude, ni internet, des repas simples et peu variés. Le kiné pour moi était incompétent et nous avions un médecin généraliste mais pas spécialisé « du sport » ! Alors oui nous n’avions qu’une hâte c’était de partir en compétition et le Cameroun étant ce qu’il est (peu de budget financier pour les équipes féminines), nous sommes arrivés à Maputo le jour même du match, à 11h pour jouer à 17H.

Le premier match contre le Rwanda a été difficile nous n’étions pas du tout préparées à l’altitude et avons eu beaucoup de peine à respirer. Nous avons donc perdu ce match naturellement, contre une équipe inférieure. Quand nous sommes rentrées du match, nous n’avions toujours pas de logements attribués et avons du attendre quelques heures avant que l’on nous donne un appartement de 3 chambres pour 13 joueuses. Seules 4 filles avaient un lit, toutes les autres dormaient par terre sur un matelas avec un drap pendant toute la compétition !

L’AFROBASKET en revanche fut bien mieux organisé, nous sommes arrivées la veille à Bamako au Mali. Nous étions logées dans un bel hôtel avec piscine, nous avions un bus à disposition avec escorte et on y mangeait vraiment bien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Si tu avais une image a gardé de cette expérience unique, laquelle tu choisirais ?

 

 

Je ne sais pas, c’était tellement difficile et enrichissant à la fois. Tous mes souvenirs même les plus difficiles sont bons. J’aimerais seulement que cette expérience me soit bénéfique lors de cette saison et les saisons à venir.

- Prochains échéances avec la sélection ?

Normalement la sélection devrait être réunie de nouveau l’été prochain pour les qualifications de la zone 4, les dates sont encore inconnues.

 


 

An3.jpg
_PHI4182.jpg
DrapeauFrance.jpg
cameroun.jpg

IllustrationLogo_Maputo_2011.jpg
Résultats des JEUX AFRICAINS

 

 

Les conditions ont été très difficiles et nous n’avons eu aucun temps d’adaptation. Nous n’avons gagné aucun match de poule mais gagné les deux derniers matchs de classement pour finir à la 9e place sur 12. Cette compétition a été une épreuve mentalement, parce qu’on enchainait les défaites et à coté de cela, les autres équipes de la délégation camerounaise avaient du succès dans leur discipline. Lorsque l’on rentrait le soir au village olympique et qu’on marchait la tête basse, on nous disait :« alors ?? » Nous répondions : « perdu ». Nous étions les « looseuses » du groupe, on osait à peine sortir de l’appartement, on avait honte. On a senti certains regards dédaigneux des dirigeants qui nous regardaient l’air de dire : « mais qu’est ce qu’elles sont venues faire ici celles-ci ! »

 

Résultats de l'AFROBASKET

Nouvelle compétition, nouvelle équipe, 3 joueuses avaient été coupées pour faire venir deux renforts des Etats unis et 1 de France (Macon). Nous étions motivées, nous avions à cœur de redorer notre image mais surtout de montrer que notre place aux Jeux Africains n’était pas celle qu’on méritait. Il y avait vraiment une bonne ambiance dans l’équipe pour l’Afrobasket et puis le Staff était à la hauteur. Nous avions récupéré le médecin et le kiné des garçons. Premier match : victoire contre le Rwanda (on était très revancharde du match perdu 10jours avant !). Derrière on joue le Nigeria qui est une grosse équipe africaine (top 3) mais tout à fait prenable. Ce jour là on passe malheureusement à coté de 6 pts. Puis on se prend une rouste contre l’Angola (championne de cette édition 2011), ensuite +40 contre la Guinée et -20 contre le Sénégal. On finit donc 4e de cette poule et sommes donc qualifiées pour les quarts contre le 1er de l’autre poule, le Mali (pays organisateur). A l’entame du match on était confiante et sur-motivée, on savait qu’en gagnant ce match on réécrirait l’histoire (ndlr : le Cameroun n’a jamais passé les quarts de finales). A la fin de ce premier quart, on sentait qu’il y avait la place mais les arbitres nous ont vite rappeler que l’on était dans leur pays. Alors petit a petit, on a fini par s’écrouler pour s’échouer à 20 pts. Le lendemain, on bat la Côte d’Ivoire pour la 6e. Pour le dernier match de la 5ème place, synonyme de place qualificative pour le prochain Afrobasket, nous n’avions plus de jambes. Il ne restait que le mental. Notre effectif était réduit de deux joueuses blessées ainsi qu’une retournée en France. Ce fut un match très serré. Dans le 3e quart temps, nous craquons et sommes menées de 15pts. En se battant, on revient à -1 et il reste quelque secondes dans le match. Nous avons la possession mais par manque de lucidité nous ne concrétisons pas. Nous perdons le match d’un point. Nous finissons 6e, sans qualification pour le prochain Afrobasket ! Quelle déception !

- Enfin, moment de libre expression, voudrais-tu faire passer un message aux supporters, passionnés, joueuses qui te liront ?

Nous avons une saison longue et difficile qui nous attend et on a besoin de tout le monde. Que chacun donne le meilleur de lui même a son niveau, que ce soit  joueuses, spectateurs, coachs ou encore dirigeants. Parce que l’ASV ce n’est pas seulement l’équipe 1 et son staff. Chaque petite action que chacun fait contribue à la réussite de l’équipe 1, et à l’avancer vers les objectifs de cette équipe et de ce club. En ce qui nous concerne, on travaille dur, on avance, on progresse pour ne pas décevoir le samedi et pour faire plaisir aux personnes qui viennent nous voir.

Aux plus jeunes je dirais, si vous avez envie de réussir, travailler dur, mettez toutes les chances de votre coté et surtout n’abandonner pas même quand c’est difficile. Il faut être patient, on ne récolte pas tout de suite le fruit de son travail. Parfois on se sent nul et inefficace mais il ne faut pas laisser tomber.

 

Aujourd’hui je suis contente d’être dans une équipe où l’on a confiance en moi, ou mon coach et les dirigeants ont confiance en moi et je me dois d’être à la hauteur. C’est pourquoi comme on dit chez moi au Cameroun, cette année « Je ne donne pas le lait !!! »

Nature d'Afrique ... entre intimité et passion par Angie
Un grand merci à Angie pour avoir pris le temps de partager son été en grandeur nature ! Entre intimité et passion du basket ball, ces moments forts marquent tout sportif et Angie l'a bien compris !
On ne la présente plus, Angie Tchoumba est une joueuse incontournable de l'équipe 1. Revenue depuis 2 mois dans l'effectif, nous l'avons rencontré pour vous. Retour sur son été africain et son début villeurbannais. Franco-Camerounaise, Angie a été appelée pour jouer avec le Cameroun.. un rêve que tout sportif souhaiterait vivre. Rencontre ...
NATURE D'AFRIQUE avec Angie TCHOUMBA
IMGP0182.JPG
Numéro 10, tout à droite, Angie avec l'équipe du Cameroun.
(Cliquez sur la photo en haut à gauche pour agrandir)
ce site a été créé sur www.quomodo.com